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Restauration de la frayère traditionnelle de l'esturgeon jaune de la rivière Ouareau

Les esturgeons sont de véritables témoins du passé, car leurs origines remontent au Crétacé. Toutefois, depuis deux décennies, l’état de la population d’esturgeons jaunes (Acipenser fulvescens) du fleuve Saint-Laurent est devenu de plus en plus préoccupant. Ce poisson est particulièrement fragile en raison de l’âge moyen à l’atteinte de la maturité sexuelle, soit 15 ans pour les mâles et 24 ans pour les femelles. Le cycle reproducteur est également long, c’est-à-dire de 6 ans pour les femelles et de 2 ans pour les mâles (Fortin et al. 1992, Fortin et al. 2002). De plus, cette population est particulièrement affectée par le prélèvement intense des pêches commerciales, mais aussi par la dégradation de son habitat de reproduction. Le statut d’espèce susceptible d’être désignée comme menacée ou vulnérable lui a d’ailleurs été conféré en 1992 en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec (L.R.Q., chapitre E-12.01).

Depuis, des mesures réglementaires ont graduellement été mises en place pour réduire le prélèvement de cette espèce convoitée et de grande importance économique. Un quota de pêche commerciale de 200 tonnes a été imposé en 1999, puis successivement réduit à 80 tonnes en trois ans, soit une réduction de 20% du quota par année entre 2000 et 2002. Des efforts importants ont également été déployés par les agents de protection de la faune afin de réduire le braconnage. Dans le but de soutenir cet effort de rétablissement de l’espèce, la restauration des habitats de reproduction dans les principaux sites connus constitue donc une avenue prometteuse pour favoriser un meilleur recrutement de nouveaux individus. La population d’esturgeon jaune du fleuve Saint-Laurent ne compte qu’environ dix frayères pour assurer la pérennité de toute la population située entre le la Saint-Louis et Québec. Deux de ces frayères sont situées dans le bassin versant de la rivière L’Assomption, soit dans les rivières L’Assomption et Ouareau, respectivement sur le territoire des villes de Joliette et de Crabtree.

Frayère traditionnelle d'esturgeons jaunes de la rivière Ouareau et portion à restaurer.

La contribution du Comité ZIP des Seigneuries dans ce projet fut de réaliser la restauration de la frayère traditionnelle d’esturgeons jaunes. Le nettoyage de la frayère consistait à retirer, sur une épaisseur moyenne de 20 centimètres, les sédiments fins, tels que le sable et l’argile qui s’étaient déposés dans le lit de la frayère à la suite de deux glissements de terrains survenus en 1990. Ces sédiments nuisaient grandement à la maturation des larves d’esturgeons, car il était impossible pour elles de s’enfoncer assez profondément dans le substrat et ainsi se mettre à l’abri du courant. Les larves dérivaient avant d’avoir complété leur maturation, ce qui augmentait considérablement le taux de mortalité de celles-ci. Le retrait des sédiments fins de la frayère permettait alors d’augmenter le taux de survie des larves et ainsi d’aider la population d’esturgeon jaune du fleuve Saint-Laurent.

Couche de sédiments colmatant le substrat de fraie

Voici la méthode qui a été utilisée pour procéder à ce nettoyage. Tout d’abord, le substrat à nettoyer était dégagé à l’aide de pelles, puis était transporté dans des bacs, à l’aide de brouettes. Les bacs contenant du substrat brut étaient utilisés comme réserve pour permettre de dégager une plus grande surface de travail entre les sections nettoyées et encore à nettoyer.

À gauche: Pelletage de substrat. À droite: Équipe au travail!

Il y avait deux stations opérées par une pompe chacune. La première était composée d’un bac de substrat non-nettoyé, d’un système de pompage par «venturi» ainsi que de deux tamis superposés, de grosseur différentes (mailles de ¼ et de 1/8 de pouces), déposés sur une poubelle. Pour commencer, de l’eau était ajoutée dans ce bac, puis avec la pompe, on retirait l’eau et les particules fines (gravier, sable et argile) du substrat plus grossier. Le matériel pompé était ensuite filtré par les tamis superposés et la poubelle servait à récupérer les sédiments fins tout en laissant l’eau en sortir. La deuxième station de nettoyage était composée de deux tamis déposés sur une poubelle tout comme à la première station. Cependant, le substrat à nettoyer devait être déposé sur les tamis à l’aide d’une pelle, puis celui-ci était nettoyé avec l’eau qu’apportait la pompe.

À gauche: Station de pompage #1. À droite: Tamisage du substrat.

Les amas de sable et d’argile extraits étaient donc régulièrement vidés des poubelles, puis transportés à la rive à l’écart de la frayère dans la zone de dépôt. Finalement, le substrat nettoyé était placé dans les bacs de substrat net.

À gauche: Substrat retiré. À droite: Remodelage de la frayère.

Les roches étaient pelletées à nouveau dans la brouette pour être replacées au fur et à mesure que le nettoyage avançait pour reformer la frayère. Tout au long de la restauration de la frayère, une barrière de sédiments (toile géotextile) était placée en avant dans la rivière afin de retenir les sédiments mis en suspension dans l’eau par les travaux. Cette toile était retirée de la rivière à tous les jours afin de la nettoyer des sédiments qui s’y étaient accumulés. À la suite des travaux de restauration de la frayère, l’équipe a procédé à la stabilisation des sédiments. La zone de dépôt a été ensemencée, puis recouverte d’une toile d’Enkamat (toile perforée biodégradable).

À gauche: Frayère avant et après la restauration. À droite: Raclage du substrat retiré

Après 17 jours de travail intense sur le terrain, une superficie totale de 280 m2 fut complètement nettoyée. Environ 9,8 m3 de sable et d’argile (un camion de 10 roues) ont été retirés et stabilisés, ce qui représente environ 17,5% des 56 m3 du substrat nettoyé (six camions 10 roues). Ainsi, 47 m3 de roches ont été replacés pour reformer la frayère selon sa forme initiale. L’équipe du Comité ZIP des Seigneuries a donc pelleté manuelle l’équivalent de onze camions 10 roues.

Stabilisation du substrat retiré à l'aide d'Enkamat et de branches mortes

Suite à la restauration, l’équipe est retournée sur le terrain pour effectuer des suivis afin d’évaluer le taux de sédiments présents dans la frayère, ainsi que pour vérifier la stabilisation du sable extrait. De plus, 60 végétaux ont été plantés, soit 20 plants d’aulne crispé (Aulnus crispa) et 40 plants de cornouiller du Canada (Cornus stolonifera). La plantation a été effectuée autour et à l’intérieur de la zone de dépôt, ainsi que dans les endroits qui avaient été affectés par le piétinement lors des travaux. Un suivi a été fait dans les années subséquentes pour mesurer l’impact de ce nettoyage sur le taux de survie des larves d’esturgeons. Enfin, un autre suivi a été exécuté pour mesurer la quantité de sédiments s’étant accumulés dans la frayère restaurée.

Site de stabilisation après la plantation

 

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