Problématique

Le marais de Lavaltrie situé dans le littoral du fleuve Saint-Laurent abrite une frayère en eau calme du secteur Varennes-Contrecoeur. Ce milieu très productif est fréquenté par plusieurs espèces de poissons pour la reproduction, l’élevage et l’alimentation. Ce site a d’ailleurs été choisi pour son potentiel à compenser la perte d’habitats du poisson lors des travaux du pont de l’autoroute 25, mais aussi pour la présence du chevalier cuivré (Moxostoma hubbsi), une espèce menacée touchée négativement lors des travaux dans la rivière des Prairies, dans le secteur du marais. En 2010, GENIVAR a identifié 23 espèces de poissons, dont le méné d’herbe (Notropis bifrenatus), une espèce vulnérable. Parmi les espèces de poissons venant frayer au marais, notons la perchaude, le grand brochet, la barbotte brune et le crapet-soleil.

Ce projet est une étape nécessaire au succès des activités de contrôle du phragmite entreprises depuis 2013 au marais de Lavaltrie. Après 6 ans d’affaiblissement par des coupes bimestrielles, la plantation permettra de sécuriser les efforts investis et d’installer un couvert végétal indigène capable de tenir tête au phragmite. Ce projet permettra de bonifier la biodiversité du marais, mais aussi d’empêcher la modification du milieu engendré par l’envahissement au phragmite. Les arbustes fruitiers plantés, comme l’aronie noire, le sureau du Canada ou le céphalanthe occidental, permettront d’attirer la faune aviaire et de lui offrir une source de nourriture. Une partie du marais de Lavaltrie est d’ailleurs incluse dans l’une des nombreuses aires de concentration d’oiseaux aquatiques (ACOA) présentes le long du fleuve. Outre les oiseaux et les poissons, les habitats riverains sont également utilisés par plusieurs espèces de reptiles et d’amphibiens.

Colonie de Phragmites avant la coupe en 2016

Description du projet

Ce projet, en collaboration avec le MFFP, constitue l’étape finale de la restauration du marais de Lavaltrie. Ce milieu productif, bordant le fleuve Saint-Laurent, est parmi les trente écosystèmes prioritaires des basses terres de Lanaudière. Entreprises en 2012, les deux premières phases du projet ont permis le retrait de remblais rétablissant la libre circulation du poisson ainsi que la plantation d’arbustes comme substrat de pontes pour cette frayère d’eau calme fréquentée par plusieurs espèces de poissons. Depuis 2013, des coupes répétées ont été entreprises dans le marais afin d’affaiblir des talles de roseau commun sur une superficie de 11 500 mètres carrés.

La prochaine étape consiste en la plantation, dès le printemps 2019, d’une sélection d’arbustes indigènes choisis pour leur capacité à faire compétition au roseau et augmenter la biodiversité. Une approche collaborative a été développée avec les propriétaires des terrains bordant le marais pour la confection des plans d’aménagement. Des simulations visuelles leur ont été présentées et ces derniers appuient le projet avec enthousiasme. Ils seront également sensibilisés à la valeur écologique du marais. La poursuite des coupes et un suivi à long terme assureront la pérennité de ce projet qui en somme contribuera à la création d’un corridor écologique.

Les citoyens pourront bénéficier positivement de cette mise en valeur du marais et seront plus sensibles aux messages de conservation. Ce projet pourra bénéficier du climat favorable engendré par le travail réalisé en amont avec la communauté. Cette expérience communautaire positive permettra une valorisation de la biodiversité du marais et de faciliter la sensibilisation des citoyens au respect de la bande riveraine.

Les partenaires impliqués

  • Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec
  • Propriétaires riverains
  • MRC d’Auray
  • Ville de Lavaltrie

 

Les partenaires financiers

  • Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec
  • Programme Interactions communautaires (PIC)
  • Fonds d’action Saint-Laurent
  • Fondation de la faune du Québec

 

Pour en apprendre plus…

Le Phragmite commun (Phragmites austrialis)

  • Graminée de grande taille, elle peut atteindre 5 mètres
  • Tige unique dressée qui est produite à chaque printemps et qui reste érigée en hiver
  • Feuilles vertes, longues et planes se terminant en pointe effilée
  • Fleur sous forme du plumeau. D’abord de couleur pourpre, elle devient brun foncé à maturité. La floraison a lieu à la fin de l’été
  • Forme des colonies monospécifique très dense
  • Originaire de l’Eurasie
  • Milieux humides (marais)
  • Bords de route (canaux de drainage)
  • Végétative – expansion des rhizomes dans le sol
  • Sexuée – Dispersion des graines contenues dans le plumeau (3 à 7% des graines sont viables)
  • Diminution de la biodiversité
  • Envahissement des milieux
  • Accentuation de l’érosion
  • Modification de la composition de l’habitat

Comment réduire sa propagation :

  • Ne pas planter de roseau commun
  • Ne pas laisser de sol à nu
  • Ne pas utiliser de terre provenant d’habitats avec présence de phragmites
  • Créer de l’ombrage : planter des arbres et des arbustes pour empêcher la germination des graines

Comment l’éradiquer :

Aucune méthode n’a encore été trouvé pour éradiquer de manière permanente le phragmite. Plusieurs recherches et test sont en cours.